Imaginarium fabrik – 18/01/2012

Nous voilà embarqués ! Larguons les amarres. Quel en sera le voyage ? Qu’y a-t-il derrière la ligne d’horizon …?

Pour notre Imaginarium fabrik, un premier temps de travail s’achève. Six séances de plateau, de trainings, d’improvisations et de tentatives.

Les perspectives futures de notre collectif se concrétisent, et la création commence doucement à poindre le bout du nez dans nos esprits. Pendant les six premières séances de notre groupe, Jean-Paul Mura nous a amené son univers et son « Imaginarium » de travail. Nous autres, nous nous y sommes confrontés.

Le training de début de séance : un moment pour soi. Reprendre conscience de son souffle, de son poids, de sa colonne, de ses extrémités. Ouvrir, vider, remplir, solliciter le minimun, aller à l’éconnomie de l’essentiel, du juste nécéssaire. Puis, conscientiser l’espace, les autres, le rythme, la marche, se sentir dans le groupe, trouver la respiration commune. Petit à petit, dynamiser, être sur ses appuis. Le souffle – le son – le corps : faire parti du même poumon, du même organisme.

Par ces exercices, nous nous sommes écrits des gammes d’écoute, de construction du collectif, de sincérité de la présence, du geste, de la respiration. Symbiose avec son partenaire, qu’il soit groupe, son, personne, objet, texte ou masque.

Redécouverte du masque neutre. Se tenir. Être. Le pouvoir du corps simple. Comment je me tiens ? Comment je respire ? Qu’est-ce que je donne ? Qu’est-ce que je bloque ? Qu’est-ce que je crois donner ?

Le spectateur est posé en voyeur, observateur non invité. Je regarde quatre corps de masque. Un couple entre à cour. L’autre à jardin. Ils avancent. Pas feutrés. Un glissement de pied. Le frisson d’une épaule fait naître comme un reflet sur ce masque, plus si neutre que ça. Je vois des sourires et des froncements de sourcils grâce au coude droit ou à l’orteil gauche. Cela me prend, spectacle hypnotisant. Une histoire s’écrit par enchevêtrement, effleurement de corps : plus de mots mais des articulations, plus de phrases mais des corps.

Tout joue, tout parle : la distance, l’immobilité, le mouvement, le contact,… tout raconte. Le bateau a bel et bien quitté le port.

Le laboratoire prend forme, peu à peu, séance après séance. Nous nous sommes bien renifler, nous partons maintenant en quête de notre identité commune : se raconter, raconter le monde.